La diagonale du vide

Vous aimez les grosses cordes en chanvre des cloches d’église? Les ficelles du rôti patates de mémé le dimanche, le raphia des plants de tomates sur leur tuteur?
Ce podcast est fait pour vous.
« La diagonale du vide est une large bande du territoire français allant de la Meuse aux Landes où les densités de population sont relativement faibles par rapport au reste de la France ». Benoit Giraud la repeuple en s’enregistrant par bribes, petits bouts de ficelle, restes de cordelettes traînant dans un coin d’atelier de planches et de tôle ondulée chez un artisan aux doigts noueux perdu dans la campagne, il la parcourt en illustrant le lien social avec des sons. C’est ce lien qui est au cœur de tous ces instantanés sonores pris sur le vif, souvent en cachette, riches de vérité comme ces vieilles photos trop floues pour mentir.
On passe d’une place de village où à lieu un concert un soir d’été, bruit de foule, rires et musique en décor d’une conversation captée plus près, on est là, présent, au milieu de cette scène puis Benoit nous emmène ailleurs, au bord d’un ruisseau, en randonnée, en promenade ou en visite d’un site particulier. Avec un interlocuteur qui ne sait probablement pas que ses paroles seront entendues par des inconnus ou bien en simple monologue, le temps de faire le point sur le podcast, un chantier en cours (car il est vitrailliste si j’ai bien compris), une réflexion personnelle ou un coup de cœur, régulièrement musical. Cet objet sonore autant peuplé de silences, de voix et d’accents que de bruits de feuillage, de vent ou d’échos d’églises reste une expérience chaque fois singulière, ni fauchée ni tape à l’œil, un moment de calme dans la tempête qui nous rappelle qu’un autre rythme est possible si on prend le temps de se poser.

Pendant qu’on imagine ces lieux, ces personnes et ces ambiances, Benoit, lui, à chaque intro, nous imagine en position d’écoute, tombant forcément juste pour au moins l’un des poditeurs, on réalise alors qu’on est plusieurs à partager ce moment, et c’est bien.

Informations pénibles mais pratiques:
Bimensuel | Entre 10 et 20 min| Site | iTunes | Podcloud | SoundcloudTwitter | Instagram

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Ozef

Vous aimez rester dans le noir mais vous vous battez les reins de ce qu’il y a sur l’écran? Vous aimez les films mais ne pouvez pas blairer les avis pompeux des étudiant.e.s en cinéma ou les critiques masqués emplumés? Ce podcast est fait pour vous.
Grand vent de fraîcheur dans la critique ciné grâce au format podcast. Enfin un spectateur lambda peut répandre son avis, et donc enfin, on peut s’identifier à lui face au film pour peu qu’on ait l’impression de partager les mêmes goûts.
Attention, je ne dis pas que le type est inculte, ça j’en sais rien, peut-être, c’est pas le sujet, je m’enfonce là, mais c’est juste qu’il a l’humilité de ne pas étaler une culture cinématographique aussi boursouflée que les pop-corn que je ne supporte pas que les autres bouffent en pleine séance et qui divertirait de l’objet premier de la critique: le ressenti.
Et quel ressenti, « à chaud et en quelques minutes sur un film dont personne ne parle et dont tout le monde se fout » sauf lui. Telle est la devise du Podcast, heureusement un peu tordue dans tous les sens pour s’adapter aux sorties et ne pas parler uniquement de films Ouzbèques sous-titrés en Tadjik, ce qui aurait été rigolo cinq minutes mais bon, pfiouu.
Parce que le concept est marrant, certes, mais la mise en forme l’est tout autant. On tombe à nouveau (et ça a l’air d’être la règle dans les Podcast originaux) sur quelqu’un qui a quelque chose à dire mais aussi sa façon à lui de la dire. Et quelle façon. Je l’ai dit mais je le répète pour ceux du fond qui lisent ça vite fait du coin de l’œil parce qu’ils ont cliqué un peu par hasard parce qu’ils glandouillaient sur twitter au lieu de bosser et que cette phrase est trop longue et sans virgule pour qu’ils la comprennent et vont donc devoir la reprendre au début c’est bien fait pour eux haha z’avez qu’à être attentifs au lieu de relayer des trucs à la con relayez donc les trucs cool que vous aimez. Le concept est marrant certes, mais le mec d’Ozef l’est tout autant. Son phrasé franc et frais fait de phrases sans emphase mais d’impros avec accros et d’hesitations sans filet rattrapées sans prétention par des pirouettes, le tout avec le flow d’un apprenti rappeur qui en profitera pour s’entraîner avec cette phrase tiens.
On passe de films vraiment osef à d’autres pas du tout, de catastrophes à de bonnes surprises mais toujours sur un ton tellement simple et compréhensible que, ça paraît dingue mais on ne l’a jamais entendu nulle part ailleurs, et ça risque paradoxalement de continuer vu le taux d’invention au fil des épisodes. Le mec a clairement peur de lasser ou de s’ennuyer mais sans tomber dans la surenchère, jusqu’ici on est sur de l’humour drôle (bien joué!) et sans prétention (bien joué mais sans applaudissements). Bref, c’est toujours comme ça quand j’aime bien, je pense que je n’ai rien à dire et finalement j’arrive pas à m’arrêter de peur de ne pas assez bien le « vendre ».
Vous l’aurez compris, Ozef ne l’est pas du tout. Jetez vous dessus, c’est pas long, souvent drôle et, pour ce qui me concerne, super attachant.

Informations pénibles mais pratiques:
Hebdomadaire | Entre 10 et 20 min | iTunes | Podcloud | Soundcloud | Twitter | Facebook

#2050 Le podcast


Vous aimez leshoverboards, les DeLoreans, les sociétés utopiques sans travail parce que les robots font tout à votre place bande de fainéants? Ou alors vous êtes plutôt Georges Orwell, Robocop, Terminator ou Stephen Hawkins et il nous reste une quarantaine d’années à vivre et après ce sera bien fait pour notre gueule d’inconscients egoistes qui foutent en l’air la planète?
Dans les deux cas, ce podcast est fait pour vous.
Rebecca Armstrong, en plus d’avoir un nom qui claque à l’américaine, a un concept d’émission original qui vaut le détour.
Chaque semaine elle interroge une personne sur son domaine d’expertise, d’abord aujourd’hui, histoire d’en faire une rapide présentation puis à l’horizon 2050, et là mes cocos, on rentre vraiment dans le gras du sujet, dans ce qui fait tout l’intérêt du podcast, dans la prospective, oui, dans le futur mon cher Marty, le – fu-tuuuur. Ni trop près, ni trop loin. Juste un intervalle qui permet d’envisager des changements significatifs dont on n’a pas encore vraiment idée mais assez proches pour être en prise avec notre société actuelle et avoir l’air réels, un peu comme les voitures volantes de l’an 2000 dont on rêvait encore dans les annees 80, ou le retour improbable de la barbe et de la crête dans un seul et même look. Tout ça, évidemment, si un timbré à moustache, un roux lippu, un coréen au bol, un borgne, sa fille ou un jeune arriviste aux dents longues ne vient pas foutre le bordel, mais même ces éventualités peuvent surgir dans la discussion puisque tous les domaines peuvent passer au micro. De l’entrepreneur à l’enseignant en passant par l’associatif ou l’artiste, chacun donne sa vision en fonction de son activité mais également de son tempérament ce qui donne autant de visions différentes que d’invités. C’est l’autre intérêt de ce podcast, Rebecca rencontre des personnes tellement variées qu’on envisage le futur sous des angles vite inédits. On sort du cliché geek nano tech transhumanisme et autres sujets passionnants pour enraciner cette réflexion dans notre quotidien, et ça bah on y pense jamais à comment on fera nos courses ou la bouffe dans 30 ans, ou bien à quoi ressembleront l’école ou le journalisme, le rapport à la pauvreté ou à l’agriculture. Tellement de champs des possibles que ça donne envie d’y être ou au moins d’y arriver, pour voir si on s’améliore, juste un peu.

Informations pénibles mais pratiques:
Hebdomadaire | Plus de 20 min mais moins de 30 | iTunes | Stitcher | Soundcloud | Le site de #2050 | Twitter | Facebook

Pardon maman


Vous êtes un peu débile? Faut absolument tout vous expliquer longtemps? Vous avez une culture générale de merde? Ce podcast est fait pour vous (ce qui veut dire qu’il devrait vous convenir hein, pas qu’ils le fabriquent exprès pour votre pomme hein, on s’est compris?).
Passés quelques mots d’intro et un générique qui fait secouer la tête en souriant parce qu’il pète sa race et arrive juste après des gros mots on y est. La fine équipe se présente et, bien qu’elle varie et soit encore appelée à varier (…à changer quoi, ça veut pas dire qu’elle pue), elle se constitue généralement de quatre ou cinq intervenants qui ont pour mission de rendre chacun un sujet vulgaire. Alors là bon, c’est comme quand j’ai vu la tagline du podcast, je me suis dit qu’il y avait tromperie sur la marchandise parce qu’à part un sujet sur les gros mots du capitaine Haddock y avait pas franchement de quoi s’offusquer mais bon. Passée la déception du manque flagrant de grossièretés on ne peut que se féliciter de la présence d’intelligence. Entre les différents membres de l’équipe déjà, dans ce cas on dit qu’elle est bonne, et dans chaque sujet abordé également, c’est de la bonne. Le ton, l’ambiance et les thèmes choisis font que tout glisse parfaitement entre sujets historiques, scientifiques ou societaux plus ou moins lourds, les anecdotes égrenées tout du long ainsi que les interventions des autres transforment quasiment un cours magistral en discussion de bistrot où l’on apprendrait des choses tout en s’en souvenant le lendemain et sans le mal de crâne. Dès le premier numéro j’ai été bluffé et j’attends toujours impatiemment ma prochaine récré de culture générale avec les potes de mes oreilles. Par contre j’ai toujours pas la vanne du titre, j’ai peut-être mal ecouté, pardon à vous.

Informations pénibles mais pratiques:
Bimensuel | environ 1h30 | iTunes | Deezer | Podcloud | Le site de Pardon Maman| Twitter | Facebook

Fruits de la station

Vous aimez les fruits? Vous aimez les stations? Ce podcast est fait pour vous.
Oui bon je sais, on va me dire que c’est un poil faiblard comme intro cette fois, ça paraît très con dit comme ça mais c’est un peu le principe. Laissez votre cerveau avec vos clés sur le guéridon dans l’entrée de chez mémé. Ce podcast est juste joyeusement fait par deux joyeuses personnes qui sont là pour être heu… joyeux. Et c’est tout. Jean-Bierre Bernaut et Ritchie Bouze ne vont pas chercher bien loin leurs réparties, blagues et bêtises ni leurs enchaînements et digressions hasardeuses mais c’est ce qui fait toute leur fraîcheur et donne toute la légèreté, la naïveté et la jubilation de ce podcast anti-prise de tête. La première de ces blagues étant un vouvoiement continu de ces deux complices rigolards qui donne un ton tout particulier à leurs échanges. Ça commence généralement par des retours sur leurs dernières séances cinéma et, bon, on va être clair tout de suite: l’ambition n’est pas du tout de refaire le masque et la plume. On est plutôt dans du « ouais c’était pas mal sauf que lui y joue comme une merde molle » ou du « je devais voir le dernier Assayas mais finalement y avait Fast and Furious ». L’avantage c’est que ça enchaine vite, on ne s’éternise pas puisque tout est prétexte à rebondir sur un jeu de mot lamentable ou une référence qui conduit à un autre sujet, toujours en gloussant. En fait c’est pas un podcast, c’est un trampoline à vannes. Nos deux types essaient ensuite de caser des « chroniques » dans cette heure de galopade mais bon, mis à part le fait d’avoir écrit quelques lignes sur un papier et d’essayer de s’y tenir pendant un peu plus longtemps, la différence avec le reste de l’émission n’est pas suuuper flagrante (point sympa: ça reste rigolo). Ils tentent donc un ou deux focus chacun sur des sujets choisis qui tournent vite en mode quizz, puis vient le moment du maxi-pitch, Ritchie raconte un film à Jean Bierre qui doit deviner s’il existe ou pas et enfin, parfois, un message de poditeur dont on n’entendra pas tout vu qu’ils parlent dessus. Je ne vois même pas pourquoi j’essaie de résumer le déroulement, il faut juste essayer, on accroche ou pas. Moi, à chaque fois, je me retrouve dans la peau de Philippe Bouvard, à sautiller des épaules en gloussant pendant qu’ils déblatèrent leurs trucs en rigolant.
Un Podcast plus proche d’une blanquette de veau que d’un succès si on en croit leur épisode 8.

Informations pénibles mais pratiques:
Plus ou moins mensuel | environ 1h30 | iTunes | Soundcloud | Podcloud | Le site de Fruits de la station | Twitter | Facebook

Passion médiévistes

Vous êtes fan duo Réno/Clavier?Vous en êtes encore à la mode du hand-spinner? Ce podcast est fait pour vous.

Le Podcast se prête à tout, celui-ci en est la preuve. Question: Comment une pimpante damoiselle nommée Fanny peut-elle avoir l’idée saugrenue de s’entretenir avec de poussiéreux thésards monomaniaques à propos de leurs balivernes médiévales? La réponse était dans le titre hahaha! Parce que c’est passionnant pardi! Diantre, je viens d’utiliser pardi. Et que par ailleurs ils ne sont pas du tout poussiéreux. Entendre des gens passionnés développer un thème, le rendre attractif à travers des tas d’anecdotes qu’eux seuls ou presque connaissent vu qu’ils ont bossé le sujet et pas nous, c’est comme tomber sur LE prof passionnant qu’on a croisé une seule année dans notre vie mais là, à chaque épisode! C’est complètement dingue, on ne s’y attends pas mais en fait, c’est trop court. Apres ça on se dit que les fameux chevaliers paysans du lac de Paladru d’Agnes Jaoui dans « On connaît la chanson », ça doit être génial passée la blague du titre imbitable. Plus que de la vulgarisation c’est de la mise à portée de cerveau, les gens qui parlent ont la même culture pop que nous mais une passion en plus. Moi ça me fait l’effet de me retrouver dans le Nom de la rose devant une bibliothèque de savoir inaccessible (référence littérature et cinema, wink wink) ou à Oldtown avec Samuel Tarly dans un épisode de GOT saison 7 (référence geek/série, hop c’est dans la poche, ils vont tous aller y jeter une oreille).
Ne pas avoir peur du savoir, c’est peut être ça le secret de certains podcasts.

Informations pénibles mais pratiques:
Mensuel | 15 à 20 minutes | iTunes | Soundcloud | Le site de Passion medievistes | Twitter | Facebook

Super héros


Vous aimez les capes? Vous aimez les sous-vêtements par dessus tout et surtout par dessus vos vêtements? Vous aimez les histoires de quotidien qui vire à l’extraordinaire? Ce podcast est fait pour vous.

Je me souviens de cette série conceptuelle de livres dont vous êtes le héros qui proposait au lecteur lambda de devenir extraordinaire en interagissant avec l’histoire pour lui faire prendre des tours surprenants. Super Héros c’est un peu pareil, on prend quelqu’un d’ordinaire on lui tend un micro et on le laisse dérouler une histoire qui, grâce au montage, à la production et au talent de sage-femme orale de Julien Cernobori prend des tours extraordinaires. Véritable hameçon pour l’oreille, l’histoire nous tire au fil de l’eau d’épisode en épisode et c’est presque frustrant d’arriver sur la rive après une dizaine d’étapes et attendre une saison supplémentaire. Ah oui, ça je l’ai pas dit, chaque saison, constituée d’à peu près une dizaine d’épisodes,  est consacrée à une personne et à son histoire. Une ambiance est posée par un habillage musical, sonore et un ton de voix particulier et donne cette impression de confession privilégiée mais sans voyeurisme. Un témoignage sensible livré sans fioritures ni malaise. On se retrouve très vite accro et on se dit que Binge Audio porte décidément bien son nom.

Informations pénibles mais pratiques:
Un épisode hebdomadaire par saison en cours mais les saisons elles-mêmes alors là, c’est plus flou |épisodes de 8 à 15 minutes | iTunes | Soundcloud | Le site de Super héros | Twitter | Facebook