Pardon maman


Vous êtes un peu débile? Faut absolument tout vous expliquer longtemps? Vous avez une culture générale de merde? Ce podcast est fait pour vous (ce qui veut dire qu’il devrait vous convenir hein, pas qu’ils le fabriquent exprès pour votre pomme hein, on s’est compris?).
Passés quelques mots d’intro et un générique qui fait secouer la tête en souriant parce qu’il pète sa race et arrive juste après des gros mots on y est. La fine équipe se présente et, bien qu’elle varie et soit encore appelée à varier (…à changer quoi, ça veut pas dire qu’elle pue), elle se constitue généralement de quatre ou cinq intervenants qui ont pour mission de rendre chacun un sujet vulgaire. Alors là bon, c’est comme quand j’ai vu la tagline du podcast, je me suis dit qu’il y avait tromperie sur la marchandise parce qu’à part un sujet sur les gros mots du capitaine Haddock y avait pas franchement de quoi s’offusquer mais bon. Passée la déception du manque flagrant de grossièretés on ne peut que se féliciter de la présence d’intelligence. Entre les différents membres de l’équipe déjà, dans ce cas on dit qu’elle est bonne, et dans chaque sujet abordé également, c’est de la bonne. Le ton, l’ambiance et les thèmes choisis font que tout glisse parfaitement entre sujets historiques, scientifiques ou societaux plus ou moins lourds, les anecdotes égrenées tout du long ainsi que les interventions des autres transforment quasiment un cours magistral en discussion de bistrot où l’on apprendrait des choses tout en s’en souvenant le lendemain et sans le mal de crâne. Dès le premier numéro j’ai été bluffé et j’attends toujours impatiemment ma prochaine récré de culture générale avec les potes de mes oreilles. Par contre j’ai toujours pas la vanne du titre, j’ai peut-être mal ecouté, pardon à vous.

Informations pénibles mais pratiques:
Bimensuel | environ 1h30 | iTunes | Deezer | Podcloud | Le site de Pardon Maman| Twitter | Facebook

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Fruits de la station

Vous aimez les fruits? Vous aimez les stations? Ce podcast est fait pour vous.
Oui bon je sais, on va me dire que c’est un poil faiblard comme intro cette fois, ça paraît très con dit comme ça mais c’est un peu le principe. Laissez votre cerveau avec vos clés sur le guéridon dans l’entrée de chez mémé. Ce podcast est juste joyeusement fait par deux joyeuses personnes qui sont là pour être heu… joyeux. Et c’est tout. Jean-Bierre Bernaut et Ritchie Bouze ne vont pas chercher bien loin leurs réparties, blagues et bêtises ni leurs enchaînements et digressions hasardeuses mais c’est ce qui fait toute leur fraîcheur et donne toute la légèreté, la naïveté et la jubilation de ce podcast anti-prise de tête. La première de ces blagues étant un vouvoiement continu de ces deux complices rigolards qui donne un ton tout particulier à leurs échanges. Ça commence généralement par des retours sur leurs dernières séances cinéma et, bon, on va être clair tout de suite: l’ambition n’est pas du tout de refaire le masque et la plume. On est plutôt dans du « ouais c’était pas mal sauf que lui y joue comme une merde molle » ou du « je devais voir le dernier Assayas mais finalement y avait Fast and Furious ». L’avantage c’est que ça enchaine vite, on ne s’éternise pas puisque tout est prétexte à rebondir sur un jeu de mot lamentable ou une référence qui conduit à un autre sujet, toujours en gloussant. En fait c’est pas un podcast, c’est un trampoline à vannes. Nos deux types essaient ensuite de caser des « chroniques » dans cette heure de galopade mais bon, mis à part le fait d’avoir écrit quelques lignes sur un papier et d’essayer de s’y tenir pendant un peu plus longtemps, la différence avec le reste de l’émission n’est pas suuuper flagrante (point sympa: ça reste rigolo). Ils tentent donc un ou deux focus chacun sur des sujets choisis qui tournent vite en mode quizz, puis vient le moment du maxi-pitch, Ritchie raconte un film à Jean Bierre qui doit deviner s’il existe ou pas et enfin, parfois, un message de poditeur dont on n’entendra pas tout vu qu’ils parlent dessus. Je ne vois même pas pourquoi j’essaie de résumer le déroulement, il faut juste essayer, on accroche ou pas. Moi, à chaque fois, je me retrouve dans la peau de Philippe Bouvard, à sautiller des épaules en gloussant pendant qu’ils déblatèrent leurs trucs en rigolant.
Un Podcast plus proche d’une blanquette de veau que d’un succès si on en croit leur épisode 8.

Informations pénibles mais pratiques:
Plus ou moins mensuel | environ 1h30 | iTunes | Soundcloud | Podcloud | Le site de Fruits de la station | Twitter | Facebook

No fun

Si PNL vous évoque un journaliste de médiapart, Jul un dessinateur de presse et Kanye West une station balnéaire en Floride, ce podcast est fait pour vous! Alors hop hop hop, on dégage les idées reçues d’entrée, on n’est ni sur la libre antenne d’une radio rap avec un pré-grabataire en jogging qui bafouille son verlan au micro, ni coincé entre deux pitts et trois guetteurs dans le hall d’une tour de cité en banlieue, non.

Toutes les semaines Medhi Maizi s’entoure de ses chroniqueurs pour vous présenter ce qui se fait de bon dans le rap aujourd’hui, c’est moins une émission de news qu’un focus sur un artiste ou un album qui fait l’actu. On sort des clichés des cités et d’un vocabulaire faussement jeune (et toujours très gênant) pour s’intéresser à la musique et au parcours des artistes sans pour autant tomber dans un jargon hyper référencé qui rendrait le sujet hermétique. Non, même pour un univers désormais un peu loin de moi qui me suis arrêté aux Svinkels ou à TTC après avoir bouffé du NTM et du IAM comme tout le monde, le lien est toujours fait avec une influence ou un contexte qui me parle. Le rap US est également fortement représenté, du plus indé ou plus populaire, sous toutes ses formes et tous ses dérivés plus ou moins boursoufflés de vibes. La variété des chroniqueurs garantit un certain éclectisme, il y en a toujours un pour être plus fan qu’un autre (le principe des tables critiques) et pour tenter de nouveaux arguments face au bémol de l’un de ses partenaires. J’étais un peu largué et, je l’avoue, très sceptique sur les sorties rap récentes – tout ce qui marche est évidemment photocopié à l’infini jusqu’à l’écoeurement total- mais No Fun m’a ouvert les yeux : peu importe le genre musical, la bouillie mainstream et peu représentative qui s’insinue dans nos oreilles n’a rien à voir avec une quelconque forme de qualité. Il faut se tourner vers ceux qui savent.

Informations pratiques:
Hebdomadaire (tous les vendredis) | 20/30 minutes hors formats spéciaux | Le site de Binge Audio qui produit l’émission | Soundcloud | iTunes | Twitter | Facebook | Mehdi Maizi