#2050 Le podcast


Vous aimez leshoverboards, les DeLoreans, les sociétés utopiques sans travail parce que les robots font tout à votre place bande de fainéants? Ou alors vous êtes plutôt Georges Orwell, Robocop, Terminator ou Stephen Hawkins et il nous reste une quarantaine d’années à vivre et après ce sera bien fait pour notre gueule d’inconscients egoistes qui foutent en l’air la planète?
Dans les deux cas, ce podcast est fait pour vous.
Rebecca Armstrong, en plus d’avoir un nom qui claque à l’américaine, a un concept d’émission original qui vaut le détour.
Chaque semaine elle interroge une personne sur son domaine d’expertise, d’abord aujourd’hui, histoire d’en faire une rapide présentation puis à l’horizon 2050, et là mes cocos, on rentre vraiment dans le gras du sujet, dans ce qui fait tout l’intérêt du podcast, dans la prospective, oui, dans le futur mon cher Marty, le – fu-tuuuur. Ni trop près, ni trop loin. Juste un intervalle qui permet d’envisager des changements significatifs dont on n’a pas encore vraiment idée mais assez proches pour être en prise avec notre société actuelle et avoir l’air réels, un peu comme les voitures volantes de l’an 2000 dont on rêvait encore dans les annees 80, ou le retour improbable de la barbe et de la crête dans un seul et même look. Tout ça, évidemment, si un timbré à moustache, un roux lippu, un coréen au bol, un borgne, sa fille ou un jeune arriviste aux dents longues ne vient pas foutre le bordel, mais même ces éventualités peuvent surgir dans la discussion puisque tous les domaines peuvent passer au micro. De l’entrepreneur à l’enseignant en passant par l’associatif ou l’artiste, chacun donne sa vision en fonction de son activité mais également de son tempérament ce qui donne autant de visions différentes que d’invités. C’est l’autre intérêt de ce podcast, Rebecca rencontre des personnes tellement variées qu’on envisage le futur sous des angles vite inédits. On sort du cliché geek nano tech transhumanisme et autres sujets passionnants pour enraciner cette réflexion dans notre quotidien, et ça bah on y pense jamais à comment on fera nos courses ou la bouffe dans 30 ans, ou bien à quoi ressembleront l’école ou le journalisme, le rapport à la pauvreté ou à l’agriculture. Tellement de champs des possibles que ça donne envie d’y être ou au moins d’y arriver, pour voir si on s’améliore, juste un peu.

Informations pénibles mais pratiques:
Hebdomadaire | Plus de 20 min mais moins de 30 | iTunes | Stitcher | Soundcloud | Le site de #2050 | Twitter | Facebook

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Pardon maman


Vous êtes un peu débile? Faut absolument tout vous expliquer longtemps? Vous avez une culture générale de merde? Ce podcast est fait pour vous (ce qui veut dire qu’il devrait vous convenir hein, pas qu’ils le fabriquent exprès pour votre pomme hein, on s’est compris?).
Passés quelques mots d’intro et un générique qui fait secouer la tête en souriant parce qu’il pète sa race et arrive juste après des gros mots on y est. La fine équipe se présente et, bien qu’elle varie et soit encore appelée à varier (…à changer quoi, ça veut pas dire qu’elle pue), elle se constitue généralement de quatre ou cinq intervenants qui ont pour mission de rendre chacun un sujet vulgaire. Alors là bon, c’est comme quand j’ai vu la tagline du podcast, je me suis dit qu’il y avait tromperie sur la marchandise parce qu’à part un sujet sur les gros mots du capitaine Haddock y avait pas franchement de quoi s’offusquer mais bon. Passée la déception du manque flagrant de grossièretés on ne peut que se féliciter de la présence d’intelligence. Entre les différents membres de l’équipe déjà, dans ce cas on dit qu’elle est bonne, et dans chaque sujet abordé également, c’est de la bonne. Le ton, l’ambiance et les thèmes choisis font que tout glisse parfaitement entre sujets historiques, scientifiques ou societaux plus ou moins lourds, les anecdotes égrenées tout du long ainsi que les interventions des autres transforment quasiment un cours magistral en discussion de bistrot où l’on apprendrait des choses tout en s’en souvenant le lendemain et sans le mal de crâne. Dès le premier numéro j’ai été bluffé et j’attends toujours impatiemment ma prochaine récré de culture générale avec les potes de mes oreilles. Par contre j’ai toujours pas la vanne du titre, j’ai peut-être mal ecouté, pardon à vous.

Informations pénibles mais pratiques:
Bimensuel | environ 1h30 | iTunes | Deezer | Podcloud | Le site de Pardon Maman| Twitter | Facebook

Fruits de la station

Vous aimez les fruits? Vous aimez les stations? Ce podcast est fait pour vous.
Oui bon je sais, on va me dire que c’est un poil faiblard comme intro cette fois, ça paraît très con dit comme ça mais c’est un peu le principe. Laissez votre cerveau avec vos clés sur le guéridon dans l’entrée de chez mémé. Ce podcast est juste joyeusement fait par deux joyeuses personnes qui sont là pour être heu… joyeux. Et c’est tout. Jean-Bierre Bernaut et Ritchie Bouze ne vont pas chercher bien loin leurs réparties, blagues et bêtises ni leurs enchaînements et digressions hasardeuses mais c’est ce qui fait toute leur fraîcheur et donne toute la légèreté, la naïveté et la jubilation de ce podcast anti-prise de tête. La première de ces blagues étant un vouvoiement continu de ces deux complices rigolards qui donne un ton tout particulier à leurs échanges. Ça commence généralement par des retours sur leurs dernières séances cinéma et, bon, on va être clair tout de suite: l’ambition n’est pas du tout de refaire le masque et la plume. On est plutôt dans du « ouais c’était pas mal sauf que lui y joue comme une merde molle » ou du « je devais voir le dernier Assayas mais finalement y avait Fast and Furious ». L’avantage c’est que ça enchaine vite, on ne s’éternise pas puisque tout est prétexte à rebondir sur un jeu de mot lamentable ou une référence qui conduit à un autre sujet, toujours en gloussant. En fait c’est pas un podcast, c’est un trampoline à vannes. Nos deux types essaient ensuite de caser des « chroniques » dans cette heure de galopade mais bon, mis à part le fait d’avoir écrit quelques lignes sur un papier et d’essayer de s’y tenir pendant un peu plus longtemps, la différence avec le reste de l’émission n’est pas suuuper flagrante (point sympa: ça reste rigolo). Ils tentent donc un ou deux focus chacun sur des sujets choisis qui tournent vite en mode quizz, puis vient le moment du maxi-pitch, Ritchie raconte un film à Jean Bierre qui doit deviner s’il existe ou pas et enfin, parfois, un message de poditeur dont on n’entendra pas tout vu qu’ils parlent dessus. Je ne vois même pas pourquoi j’essaie de résumer le déroulement, il faut juste essayer, on accroche ou pas. Moi, à chaque fois, je me retrouve dans la peau de Philippe Bouvard, à sautiller des épaules en gloussant pendant qu’ils déblatèrent leurs trucs en rigolant.
Un Podcast plus proche d’une blanquette de veau que d’un succès si on en croit leur épisode 8.

Informations pénibles mais pratiques:
Plus ou moins mensuel | environ 1h30 | iTunes | Soundcloud | Podcloud | Le site de Fruits de la station | Twitter | Facebook

Passion médiévistes

Vous êtes fan duo Réno/Clavier?Vous en êtes encore à la mode du hand-spinner? Ce podcast est fait pour vous.

Le Podcast se prête à tout, celui-ci en est la preuve. Question: Comment une pimpante damoiselle nommée Fanny peut-elle avoir l’idée saugrenue de s’entretenir avec de poussiéreux thésards monomaniaques à propos de leurs balivernes médiévales? La réponse était dans le titre hahaha! Parce que c’est passionnant pardi! Diantre, je viens d’utiliser pardi. Et que par ailleurs ils ne sont pas du tout poussiéreux. Entendre des gens passionnés développer un thème, le rendre attractif à travers des tas d’anecdotes qu’eux seuls ou presque connaissent vu qu’ils ont bossé le sujet et pas nous, c’est comme tomber sur LE prof passionnant qu’on a croisé une seule année dans notre vie mais là, à chaque épisode! C’est complètement dingue, on ne s’y attends pas mais en fait, c’est trop court. Apres ça on se dit que les fameux chevaliers paysans du lac de Paladru d’Agnes Jaoui dans « On connaît la chanson », ça doit être génial passée la blague du titre imbitable. Plus que de la vulgarisation c’est de la mise à portée de cerveau, les gens qui parlent ont la même culture pop que nous mais une passion en plus. Moi ça me fait l’effet de me retrouver dans le Nom de la rose devant une bibliothèque de savoir inaccessible (référence littérature et cinema, wink wink) ou à Oldtown avec Samuel Tarly dans un épisode de GOT saison 7 (référence geek/série, hop c’est dans la poche, ils vont tous aller y jeter une oreille).
Ne pas avoir peur du savoir, c’est peut être ça le secret de certains podcasts.

Informations pénibles mais pratiques:
Mensuel | 15 à 20 minutes | iTunes | Soundcloud | Le site de Passion medievistes | Twitter | Facebook

Super héros


Vous aimez les capes? Vous aimez les sous-vêtements par dessus tout et surtout par dessus vos vêtements? Vous aimez les histoires de quotidien qui vire à l’extraordinaire? Ce podcast est fait pour vous.

Je me souviens de cette série conceptuelle de livres dont vous êtes le héros qui proposait au lecteur lambda de devenir extraordinaire en interagissant avec l’histoire pour lui faire prendre des tours surprenants. Super Héros c’est un peu pareil, on prend quelqu’un d’ordinaire on lui tend un micro et on le laisse dérouler une histoire qui, grâce au montage, à la production et au talent de sage-femme orale de Julien Cernobori prend des tours extraordinaires. Véritable hameçon pour l’oreille, l’histoire nous tire au fil de l’eau d’épisode en épisode et c’est presque frustrant d’arriver sur la rive après une dizaine d’étapes et attendre une saison supplémentaire. Ah oui, ça je l’ai pas dit, chaque saison, constituée d’à peu près une dizaine d’épisodes,  est consacrée à une personne et à son histoire. Une ambiance est posée par un habillage musical, sonore et un ton de voix particulier et donne cette impression de confession privilégiée mais sans voyeurisme. Un témoignage sensible livré sans fioritures ni malaise. On se retrouve très vite accro et on se dit que Binge Audio porte décidément bien son nom.

Informations pénibles mais pratiques:
Un épisode hebdomadaire par saison en cours mais les saisons elles-mêmes alors là, c’est plus flou |épisodes de 8 à 15 minutes | iTunes | Soundcloud | Le site de Super héros | Twitter | Facebook

Pim Pam Poum

Vous aimez la bande dessinée du XIXeme siècle qui dure encore aujourd’hui? Pour vous l´INA c’est l’Institut Nostalgique Actuel? Vous pensez que le podcast c’est bath? Celui-ci est fait pour vous!

Quand je lance un épisode de PimPamPoum et ben ça marche à tous les coups, je retrouve la petite boite de mon enfance au fond d’un carton de déménagement contenant une collection d’images qu’on trouvait dans le chocolat Poulain ou bien les vignettes Malabar, plein de trucs plus ou moins encombrants si on n’y fait pas gaffe et qu’on n’arrive pas à balancer. Une grosse bouffée de petits plaisirs futiles passés enrobée de rigolade entre potes. Un potecast, c’est d’ailleurs comme ça qu’il l’appellent leur bouzin. Herman et Arthur se retrouvent autour de leurs micros et d’un thème pour en faire une présentation à travers les âges jusqu’à aujourd’hui en égayant le tout de petits extraits sonores pas piqués des hannetons (si cette expression existe réellement, j’ai des doutes). Improvisé, semi-improvisé ou totalement écrit je n’en sais rien mais ça passe nickel. Le son est bon, le montage est bon, le ton est léger et détaché « à l’anglaise » (pareil, je sais pas si c’est clair mais moi ça me parle), tout est sujet à exploration. Le vouvoiement, la pratique de l’anglais, la bouffe, les vacances, peu importe le thème, on part d’une discussion informelle pour creuser un sujet à l’aide de saynètes entrecoupées d’illustrations sonores pointues, on est toujours agréablement surpris, impossible de deviner vers quoi la discussion va pencher mais c’est rigolo. C’est dingue, ça ne loupe jamais, c’est un podcast surprenant en tout points.

Informations pénibles mais pratiques:
Mensuel | Environ une demie heure |  iTunes | Soundcloud | Le site de Pim Pam Poum | Twitter | Facebook

No fun

Si PNL vous évoque un journaliste de médiapart, Jul un dessinateur de presse et Kanye West une station balnéaire en Floride, ce podcast est fait pour vous! Alors hop hop hop, on dégage les idées reçues d’entrée, on n’est ni sur la libre antenne d’une radio rap avec un pré-grabataire en jogging qui bafouille son verlan au micro, ni coincé entre deux pitts et trois guetteurs dans le hall d’une tour de cité en banlieue, non.

Toutes les semaines Medhi Maizi s’entoure de ses chroniqueurs pour vous présenter ce qui se fait de bon dans le rap aujourd’hui, c’est moins une émission de news qu’un focus sur un artiste ou un album qui fait l’actu. On sort des clichés des cités et d’un vocabulaire faussement jeune (et toujours très gênant) pour s’intéresser à la musique et au parcours des artistes sans pour autant tomber dans un jargon hyper référencé qui rendrait le sujet hermétique. Non, même pour un univers désormais un peu loin de moi qui me suis arrêté aux Svinkels ou à TTC après avoir bouffé du NTM et du IAM comme tout le monde, le lien est toujours fait avec une influence ou un contexte qui me parle. Le rap US est également fortement représenté, du plus indé ou plus populaire, sous toutes ses formes et tous ses dérivés plus ou moins boursoufflés de vibes. La variété des chroniqueurs garantit un certain éclectisme, il y en a toujours un pour être plus fan qu’un autre (le principe des tables critiques) et pour tenter de nouveaux arguments face au bémol de l’un de ses partenaires. J’étais un peu largué et, je l’avoue, très sceptique sur les sorties rap récentes – tout ce qui marche est évidemment photocopié à l’infini jusqu’à l’écoeurement total- mais No Fun m’a ouvert les yeux : peu importe le genre musical, la bouillie mainstream et peu représentative qui s’insinue dans nos oreilles n’a rien à voir avec une quelconque forme de qualité. Il faut se tourner vers ceux qui savent.

Informations pratiques:
Hebdomadaire (tous les vendredis) | 20/30 minutes hors formats spéciaux | Le site de Binge Audio qui produit l’émission | Soundcloud | iTunes | Twitter | Facebook | Mehdi Maizi